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La sexualité humaine, l'amour n'a pas de sexe.

Deux femmes ou deux hommes qui s’enlacent amoureusement, un baiser qu'il soit chaste ou fougueux entre deux garçons, une main féminine qui caresse la gorge d'une femme, il suffit de cela pour faire ressurgirent une homophobie rampante presque normative.

Voici quelques réflexions reçues : (celles sans vulgarité outrancière)

« Du monde comme ça, c’est simple, ça ne devrait pas vivre ! » « Des tarlouzes du 18ème ! rien que ça, berk » « et voilà que des faux hommes jouent aux p’tits soldats ! » « Arrêtez de normaliser les déviants pour l’amour de Dieu ! » « Prenez garde à votre soif d’homophilie »

Cette peur maladive des homosexuels, cette intolérance quotidienne, rampante et menaçante qu’on appelle l’homophobie a de quoi rendre malade, en effet. C’est une peur des autres qui mène à la haine elle aussi et qui éclabousse. C’est aussi une « peur de l’autre en soi », pour reprendre le titre d’un ouvrage remarquable.

Ce qui est honni dans l’homosexualité des gars, c’est qu’ils ne soient pas de vrais hommes. Curieusement, les homosexuels sont vus comme des traîtres, des faibles, des moindres. Au fond, ce que dit le discours homophobe est fort simple : en agissant comme des femmes, en aimant des hommes, les gais ne valent pas plus qu’elles, aux yeux des vrais !

A travers les quolibets, les mauvaises blagues, et pire, à travers les agressions jusqu’aux meurtres, l’homophobie masculine en particulier se sert de la cruauté pour marquer le fait que les homosexuels ne sont pas dignes d’être des hommes, dignes de faire partie du même clan que les autres. Parce qu’ils refusent de se conformer aux règles établies, qu’ils ne veulent pas conquérir et dominer des femmes pour asseoir leur virilité. Et c’est cela qu’on leur fait payer. Comme quoi l’homophobie et le sexisme s’abreuvent aux mêmes sources machistes et patriarcales des ringards médiocres intellectuellement et moralement.

Par ricochet, ce qui est sous-entendu dans le mépris qu’on voue aux lesbiennes, c’est qu’elles ne sont pas de vraies femmes, qu’elles se prennent pour des hommes. Bref qu’elles n’ont pas encore rencontré un mâle viril, pour leur enseigner tout ce qu’elles manquent avec une femme. Pire que tout, on leur en veut de réussir à vivre et à aimer en se passant des hommes dans l’intimité.

La sexualité humaine est bien plus complexe et changeante que ce qu’on cherche à nous faire croire. Bien sûr, il semble que la majorité des gens ait des préférences hétérosexuelles marquées et se trouverait bien fautive de croire qu’elle pourrait aimer autrement. Si les récentes compilations des études estiment que près de 15% de la population a déjà vécu des amours homosexuelles, beaucoup plus de gens qu’on ne le croit ont eu des expériences, des aventures, des désirs pour des personnes de leur sexe. Pour mille raisons, par affinités, à l’occasion, parce que l’homosexualité n’est ni une tare, ni une maladie ou une déviance mais une possibilité parmi les comportements amoureux.

L’homosexualité et d’autres thèmes comme le changement de sexe ou la bisexualité sont présents dans la littérature depuis les origines. Dans l’Antiquité ; grecs, égyptiens, romain et autres sumériens ont écrits des textes, des poèmes et des contes remarquables de beauté et de justesse.

Au XIIe siècle, floraison de poètes célébrant la beauté et l’amour des garçons dans l’Espagne chrétienne. Au XVIIe et XVIIIe siècles apparaissent dans de nombreux chefs-d’œuvre de la littérature un point de vue intimiste, qui s’attachent à évoquer la vie amoureuse et sexuelle de personnes homosexuelles ou bisexuelles.

Michel Tournier a écrit que « Tout romancier doit savoir que s'il révèle dans son livre le personnage d'un grand homosexuel flamboyant, il devra renoncer à le contenir dans les limites congrues. » Donc si pour certains l'homosexuel n'a pas encore droit de cité dans la société civile, dans la société romanesque c'est chose faite. Cadet, souviens-toi ! Une épopée aux temps des Lumières.


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