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Oh ! le bon temps que ce siècle des Lumières !


Ecrire un roman dont l’histoire est ancrée dans ce siècle des Lumières est une jouissance ! Le XVIIIe siècle a laissé l'image d'un siècle des plaisirs. Les plaisirs de la chair, bien entendu, que les libertins cultivent dans leurs alcôves. Mais aussi ceux de l'esprit, auxquels s'adonnent les salonniers toujours en quête du mot pour rire. Ecrire des dialogues entre des personnages, devient un jeu de voltige ou les figures de style s’enchainent avec gourmandise !

Le XVIIIe siècle cultive la politesse et la civilité avec passion. Elles distinguent l'honnête homme de la brute et le rendent digne du plus grand des plaisirs : celui de le fréquenter et de converser avec lui. Cet idéal de distinction et de civilisation des mœurs, issu de la culture des élites, traverse les Lumières toutes entières. Politesse, civilité, courtoisie se retrouve dans les festivités de l’époque.

Les grandes fêtes sont le symbole de l'hédonisme des Lumières. Qu'il s'agisse de cérémoniaux d'Etat, comme les sacres et couronnements, de réjouissances plus mondaines voire de célébrations populaires, elles ont contribué à donner au XVIIIe siècle l'image d'un siècle des plaisirs. Très codifiés, ces évènements rythment la société, ils sont médiatisés par des images, des articles, des poèmes et des récits illustrés qui les ancrent dans la durée et en diffusent la mémoire. Les gazettes européennes de l’époque se font l’écho de ces festivités et leurs « reportages » développent la notoriété de certains personnages qui deviennent des incontournables Nous dirions aujourd’hui des influenceurs avec l’esprit et l’élégance en plus je vous l’accorde aisément !

À bien des égards, le XVIIIe siècle apparaît comme celui de l’avènement d'une première société de consommation. La production en nombre dans les ateliers et les manufactures rend accessibles de nombreux produits, tandis qu'une élévation du niveau de vie général de la population agrandit leur clientèle potentielle. Dans le même temps, l'essor de la mode et des premières formes de publicité renouvellent le rapport aux objets et au corps qu’il faut entretenir, rendre beau.

Une certaine liberté séductrice se fait l’écho de la liberté de penser. Au XVIIe siècle, on appelle « libertins » les libres-penseurs, qui s'éloignent des doctrines intellectuelles de l'Église. Au XVIIIe siècle, ce sens persiste mais se double d'un nouveau. À côté du libertinage d'esprit, apanage de quelques intellectuels, se répand un libertinage de mœurs. Ces libertins d'un genre nouveau prennent leurs distances avec les cadres de la morale dominante de l'Église et de la société et insufflent dans la société l’art de la séduction romantique et libertine… L'art de convaincre autrui que quelque chose de sa personne représente un attrait particulier afin de susciter son approbation, son admiration ou son désir. La séduction se cache derrière un sourire, des paroles, un effleurement de la main ou un regard. Elle symbolise souvent le danger, la ruse ou la lutte. C’est une menace morale, un danger permanent qui guette toutes les femmes et tous les hommes. Cette menace est un doux plaisir qui se pare de tact, de bons mots, de flatterie et qui devient un art ou des maîtres excellent à travers toute l’Europe. Un continent du bon gout ou il faut voyager quelques soit votre condition. De l’artisans à l’aristocrate, les femmes et les hommes voyagent d’un royaume à l’autre avec comme langue universelle, le français.

Au 18e siècle, l’Europe connait une influence très forte de la civilisation et de la langue françaises. Tout ce qui était français était très à la mode dans la vie quotidienne, comme en témoigne non seulement l’essor des publications en langue française à cette époque-là et notamment le grand nombre de manuels de français, mais surtout l’initiative d’une institution scientifique fort reconnue, l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse, qui a mis au concours la question de la suprématie langagière du français en Europe. C’est donc à l’étranger qu’est posée cette question concernant le caractère universel de la langue française.

Les voyages d'étude et de découverte connaissent un franc succès. Les compagnons du devoir, les compagnonnages et autres corporations permettent aux artisans de travailler à l’étranger et de parfaire leurs savoir-faire. Parmi les destinations favorites, l'Italie se taille la part du lion, toujours auréolée qu'elle est de son prestige historique, artistique et artisanal. Avec l'essor du Grand tour, le XVIIIe siècle voit naître également un nouveau genre de voyageur : le touriste. La bonne société se prend de passion pour les séjours à l'étranger, à la campagne ou pour aller prendre les eaux. C'est l'occasion de voir le monde, d’enrichir sa culture, de rencontrer les élites locales.

En littérature, le siècle des Lumières est prolifique et pas que dans les écrits relevant des philosophes car le roman est le genre littéraire qui se développe le plus au XVIIIème siècle : le plus souvent en prose, multiforme, il se prête particulièrement à l’expression des idées des Lumières, tout comme à la naissance d’une nouvelle sensibilité. En outre, le lectorat se développe : la bourgeoisie s’enrichit, et augmente d’autant le nombre de ceux qui peuvent accéder au livre ; celui-ci, parallèlement, devient un peu moins cher. La lecture commence à pénétrer dans les campagnes, grâce à la « bibliothèque bleue » diffusée par les colporteurs, et qui comprend également des romans. Enfin, les femmes, très influentes dans les Salons, contribuent au succès du roman.

« Cadet, souviens-toi » illustre bien ce siècle des bouleversements. Cette soif de liberté qui emporte les esprits vers des ailleurs aventureux !

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